Cahier d'un retour au Pays natal

 Aimé Césaire - Pièce musicale

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En sortie de résidence le 19 avril 2015 au Café du Burgaud - 31330
En avant première le 11 mai 2015 - 20h30 - Espace des Augustins - 27 rue des Augustins - Montauban

Avec Edmony Krater (Percussions et trompette) - Christophe Montrose (Récitant) - Frank Souriant (Piano et percussions)


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Notre démarche :

Dans cette lecture musicale proposée, scansion et musique s’élaborent pas à pas, en perpétuelle quête de sens.
Ici, la musique va puiser dans la « tradition » (du Gwoka moderne, de la biguine, du kaladja, de la mazurka, du ti-bois, du chouval-bwa, des percussions africaines) pour mieux s’en éloigner quand le sens l’exige. Une musique référentielle mais qui bannit tout « effet » pour ne se laisser guider que par le sens que détermine la justesse du sentiment qui jaillit du poème.
Les trois protagonistes, un récitant, un percussionniste / trompettiste et un pianiste, sont donc des personnages à part entière qui dialoguent en utilisant la parole et la musique.
Un territoire où seules demeurent nos interrogations intimes et la recherche sincère du lien qui relie chacun d’entre-nous à cet inconnu qui nous attend patiemment au fond de nous-même.
Césaire, dans sa bienveillance, nous y oblige et nous y emmène.

Christophe Montrose

Ce qu’en dit Lilyan kesteloot : S’il y a une leçon poétique à retirer du Cahier d’un retour au pays natal, c’est l’exigence de la lucidité, de l’adéquation de soi aux mots qu’on emploie, la recherche de l’exactitude et de la nuance dans le sentiment exprimé, le souci d’en dévoiler les multiples facettes, puis de le creuser comme un os, jusqu’à la moelle.
Cahier est une leçon d’érudition, de sincérité, de recherche de l’inconnu, ce terrible inconnu qui nous regarde dans le miroir.

Naissance de l'oeuvre :

Avant d’écrire Cahier d’un retour au pays natal, Césaire alors âgé de 22 ans, était en grande souffrance physique et morale, suicidaire au même titre que Senghor et Damas, ses compagnons de route de la Négritude. Il n’avait écrit jusqu’alors que des vers à la manière de Verlaine et de Baudelaire. Un jour, il déchira tous ses poèmes, y compris ceux qu’on l’encourageait à publier. Il va jusqu’à dire que ce n’est pas de la poésie, ou alors qu’il ne veut plus en faire ! Désormais, il va écrire dans les pas d’un Rimbaud, d’un Lautréamont et des surréalistes.
Face à une poésie de convenance, moralisante, divertissante, j’oppose une poésie reconnaissable «à sa charge de poudre» une poésie de « fièvres et de séismes », une « poésie maudite ». Une poésie de passion, paroxystique, péléenne. Je veux une poésie-action !
Et il se met à écrire « n’importe quoi ». C’est pourquoi il va appeler « Cahier » ce texte impossible à classer dans une catégorie à l’époque.
Puisqu’on me contraint au silence je vais parler. C’est de la résistance. J’utilise la langue disponible qui devient un outil de résistance. Il suffit de la voler.
Césaire a tout lu, tout retenu, tout capitalisé. Et c’est pourquoi il peut faire ce qu’il veut de la langue française, la maronner, renvoyer toutes les formes de poésie précédentes et bâtir la sienne.
C’est ce déporté de l’esclavage qui va inventer la poésie du XXe siècle.

 

Témoignage de l'avant Première en mai 2015

RETOUR SUR LES JOURNÉES DE MÉMOIRES 2015

"Cahier de Retour au pays natal" : une avant-première qui fera date !


Pour l'association Esclavages Mémoires Présentes, cela a été un grand plaisir de pouvoir offrir au Théâtre  A Propos  le cadre de son avant-première pour la création préparée  lors de sa  résidence au Café Burgaud. Près d'une centaine de personnes étaient venues écouter la pièce musicale ornant le texte fondateur d'Aimé Césaire : "Cahier d'un retour au pays natal". Une centaine qui en ont pris plein les oreilles et le coeur lors de cette soirée avec un texte magistralement interprété par Christophe Montrose. Un grand succès qui marque aussi l'Espace des Augustins. Bon vent à ce groupe de professionnels, à Edmony Krater et Franck Souriant, et beaucoup de succès et de reconnaissances pour cette pièce maîtresse.
Merci de la part de ceux qui sont repartis chavirés !! 


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